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Créateurs néo-zélandais, du Kiwi tout frais

Si l’heure est à la Coupe du monde de rugby, la Nouvelle-Zélande a d’autres choses à montrer que les All Blacks et le tatouage maori ! Loin des clichés, ce pays des antipodes est aussi le berceau d’une création résolument contemporaine. La mode néo-zélandaise ? C’est l’un des secrets les mieux gardés au monde ! » Dans sa boutique du Marais, Catherine McMahon semble ne douter de rien. Cette Néo-Zélandaise propose aux Parisiens depuis avril 2010 un prêt-à-porter 100 % “kiwi”. Un pari qui peut paraître osé dans la capitale de la mode, mais si Rihanna, Katie Holmes ou encore Chloë Sevigny ont ajouté quelques pièces à leur collection personnelle, pourquoi pas nous ? Ce qui plaît à ces fashionistas, c’est l’originalité des coupes et des matières et un mix de couleurs et de motifs souvent inédit. Selon notre experte, cette singularité viendrait de la position géographique de son pays natal. Perdue dans l’océan Pacifique, la Nouvelle-Zélande a pour plus proches voisins l’Australie, située à 2 000 kilomètres au nordouest, le continent Antarctique au sud, la Nouvelle-Calédonie, les îles Fidji et les îles Tonga au nord. Ce n’est pas vraiment ce que l’on appelle une localisation à la croisée des prescripteurs de tendances. « L’isolement géographique de la Nouvelle-Zélande ainsi que la distance qui la sépare des grandes villes et maisons de couture mondiales ont contribué au développement d’un style unique, explique Catherine. Même si on a une fashion week à Auckland, les stylistes ne sont pas soumis à la même pression. Ils peuvent développer des silhouettes qui leur sont propres sans être trop influencés par ce qui doit se faire la saison prochaine. » Et ça marche ! Depuis quelques années, Karen Walker ou Trelise Cooper, que l’on trouve chez Kökö, la boutique de Catherine, se sont fait un nom sur la scène internationale. Aujourd’hui des talents comme Kate Sylvester, Zambesi ou World leur emboîtent le pas. Sur le comptoir du concept store, Catherine joue le relais de la communauté “kiwi”, surnom donné aux Néo-Zélandais dont l’origine est cet oiseau nocturne vivant à terre, devenu emblème national. On y trouve ainsi des cartes de restaurant (Kiwi Corner, 25, rue Servandoni, 6e), magasin spécialisé (The AustraliaNZ Shop, 7, rue Servandoni, 6e), et autres infos. Si les Néo-Zélandaises se sont refilé naturellement l’adresse, le bouche- à-oreille fonctionne pour l’instant moins bien du côté des Parisiennes. « Mes clientes françaises reviennent régulièrement mais n’en parlent pas autour d’elles. Elles me disent qu’elles veulent garder ce bon plan pour elles ! C’est très français, ça, non ? », confie-t-elle en riant. On s’autorise néanmoins, et pour la bonne cause, à divulguer le bon plan de la rentrée : l’arrivée dans la boutique de la marque de fourrure éthique Eco-Fur qui propose des accessoires entièrement réalisés à base de fourrure d’opossum, un petit marsupial classé comme nuisible pour la faune et la flore dans cette partie écolo de Océanie. Etonnant ? Pas vraiment quand on sait que l’une des autres particularités de la mode version kiwi, c’est d’appliquer une politique de développement durable et de s’engager à utiliser des ressources éthiques et organiques. De quoi séduire les modeuses écoresponsables du monde entier. Pour Roderick Fry, l’engouement pour l’écologie est aussi l’une des raisons qui ont fortement contribué à l’essor des designers néo-zélandais. « Nous sommes des outsiders en termes de design, mais je crois que nous sommes arrivés au bon moment. Le design néo-zélandais est non seulement inspiré par la nature sur la forme, mais aussi très respectueux de l’environnement sur le fond. Les gens ont pris conscience des enjeux environnementaux et se sont lassés de formes trop farfelues, un peu m’as-tu-vu, présentées dans des salons comme Milan. » Des bâtiments harmonieux Installé en France depuis dix ans, ce natif d’Auckland crée en 2004, avec Laurence Varga, Moa Room, acronyme de Meubles et Objets d’Aotearoa, « le pays du long nuage blanc » en maori. Dans leur showroom, ils exposent la crème de la crème des designers néo-zélandais. Le couple collabore, entre autres, avec David Trubridge, la star du design écologique et du “slow design”. Sa lampe Coral, qui transpose dans le contreplaqué de pin la forme organique des coraux des mers du Pacifique, est devenue une véritable icône de ce mouvement. « La force de David, c’est de travailler avec des matériaux naturels en utilisant des technologies de pointe. Ses luminaires sont fabriqués en bois issu de plantations gérées durablement et coupé à l’aide de machines utilisant l’énergie hydroélectrique. Livrées en kit, les lampes sont compactées à 2 % de leur volume final afin de réduire la consommation de gaz carbonique lors du transport », explique Roderick. Une démarche naturelle dans ce pays où les forêts sont gérées durablement depuis cent vingt ans, et qui possède pas moins de quatorze parcs nationaux, dont cinq classés au Patrimoine mondial de l’Unesco. Poursuivant ses collaborations, Moa Room a édité en 2010 Float, une structure luminaire dessinée par le couple franco-néo-zélandais Jakob + MacFarlane. A l’origine de la Cité de la mode et du design à Paris, mais aussi du restaurant du Centre Georges Pompidou ou encore du “Cube Orange” à Lyon, ces architectes travaillent à rendre aux bâtiments des formes organiques et harmonieuses. « En Nouvelle-Zélande, on dit qu’on ne doit construire une maison ou un objet que s’il ne dénature pas la beauté du paysage qui nous entoure, sinon on ne construit pas », précise Roderick. A croire que vivre dans un petit coin de paradis rend humble. Et si les Kiwis étaient en train de nous donner une leçon ?

Communiqué de presse de zorryNizKic |Proposé le 6 septembre 2011 |Commenter...