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Posted by Leigha On avril - 23 - 2012ADD COMMENTS

Une analyse critique du développement durable

Depuis le début des années 2000, le développement durable gagne toutes les strates de la société, à un rythme rapide. Dans les discours politiques, sur les étiquettes des produits ou sur les publicités, il semble utopique d’y échapper.

Dans un futur proche, gageons que cette vague verte touchera, de manière quasi-systématique, de nombreux produits de consommation courante : les désodorisants, piercings, désinfectants, enveloppes, sacoche, jeux de société, tapis de souris, et, si le mouvement se durcit, pourquoi pas également l’aide psychologique en ligne, si ce n’est pas déjà le cas à l’heure où nous écrivons ces lignes…

Une notion qui ne se laisse pas appréhender facilement

Or le terme de développement durable est dans son ensemble mal interprété dans les médias.
En effet on omet que le développement durable est une notion tripartite : bien loin de se limiter à la seule écologie, ce terme revêt également des volets sociaux et économiques. Mais ces trois parties constitutives (écologie, social, économie) entrent bien souvent en conflit car l’on a tendance à en privilégier une au détriment de l’autre dans la réalité.

Étudions ces 3 grandes ensembles avec des typologies sociales :

- Pour le business man, en général et sauf exception, l’efficacité économique est l’impératif catégorique ; la justice sociale, quant à elle, est dans le meilleur des cas un des éléments de la négociation acceptée avec les partenaires de l’entreprise et au pire un élément « oublié » ; et la protection de la nature apparaît comme une entrave extérieure en général dictée par l’état ou même par la « société civile ».
- L’écologiste considère pour sa part que la sécurité environnementale doit être défendue coûte que coûte, au détriment de la prospérité économique et de la juste répartition sociale.
- Pour l’humaniste, l’objectif est de survaloriser l’équité sociale et le bien-être de l’humain : la prospérité économique ne permet que de combler les besoins matériels seulement, ou au pire représente une soumission ignominieuse ; et la préservation environnementale est perçue comme un bien accessoire tant que les besoins primaires ne seront pas comblés. Sylvie Brunel, économiste spécialiste du développement durable, s’avère catégorique sur ce point : dans notre lutte, attention à l’idéalisation exacerbée de mère Nature, prenons garde à ne pas délaisser le genre humain.

De plus, indépendamment des conflits d’intérêt mentionnés plus haut, le terme de « développement durable » se trouve au c?ur de 2 oppositions :
- entre les priorités des êtres vivants actuels et celles des générations futures ;
- entre les intérêts des pays « riches » et ceux des états en développement ;

En guise de conclusion,
le « développement durable » n’est pas prêt de faire consensus. Il est pourtant utile d’en comprendre les tenants et les aboutissants.

A cet effet, l’association Humanityy dispose d’un blog écologique, traitant également de l’économie, où l’on trouvera à la fois des conseils pratiques et des actualités.

Posted by Durand_Franck On mars - 30 - 2010ADD COMMENTS

Le développement durable par Jean-Louis Borloo

Déçu mais pas découragé par le retrait de la taxe carbone, Jean-Louis Borloo se félicite de ce que le Grenelle de l’environnement a déjà permis en France en termes de prise de conscience et d’actions. A propos de “croissance verte” et du futur, le ministre se montre aussi très optimiste. Puisse-t-il convaincre l’ensemble des parties prenantes…

Chaque année a lieu la Semaine du développement durable. Estimez-vous qu’en France, la prise de conscience d’un développement qui respecte l’Homme et l’environnement soit en bonne voie ?

Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat : Oui, clairement. Et le succès de la semaine du développement durable en est la meilleure preuve : 1 444 animations pour la première édition en 2004, plus de 4 350 animations en 2009 ! Grâce au Grenelle Environnement, certains gestes chez nos concitoyens sont aujourd’hui devenus de vrais réflexes, comme trier ses déchets, mieux isoler sa maison pour faire des économies d’énergie ou réduire sa consommation d’eau… Les Français font partie des consommateurs les plus engagés en faveur de la planète. Et c’est une vraie fierté.

Selon vous, quelle part de la population française ne connaît pas encore la notion de développement durable ?

D’après un récent sondage, réalisé dans le cadre de la semaine du développement durable, près de 76 % des Français déclarent mieux prendre en compte la protection de l’environnement dans leur vie quotidienne. Tout l’enjeu du Grenelle Environnement consiste justement à aider les Français, grâce notamment à de nombreuses incitations fiscales comme le bonus écologique sur les voitures ou l’éco-prêt à taux zéro, à faire des économies tout en protégeant la planète. Et les résultats sont là !

En Europe, la France se situe-t-elle parmi les “meilleurs élèves” en ce qui concerne les questions environnementales ?

Oui, tout à fait. D’abord, grâce au Grenelle Environnement, la France est l’un des seuls pays au monde à respecter les engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto. De plus, notre pays est l’un des principaux producteurs d’énergies renouvelables en Europe. Et puis, je rappelle que nous disposons de champions industriels de taille mondiale dans tous les secteurs de la croissance verte : le traitement des eaux, la gestion des déchets, l’énergie ou les transports…

Quels pays européens pourraient être des inspirateurs dans des secteurs comme les énergies renouvelables ou l’agriculture biologique ?

Chaque pays a des spécificités historiques, économiques ou géographiques différentes. Ceci explique pourquoi certains sont plus en avance que d’autres dans quelques secteurs en particulier. Ainsi, l’Allemagne et le Japon ont investi massivement dans l’énergie solaire alors que le Danemark s’est spécialisé dans l’éolien. De la même façon, l’Italie consacre 8 % de ses terres agricoles à l’agriculture biologique. Avec le Grenelle Environnement, nous nous inspirons des meilleures pratiques européennes et mondiales pour être leaders et créer des emplois verts dans chaque domaine.

Parmi les treize domaines d’action du Grenelle Environnement, lesquels sont sur de bons rails ?

Le Grenelle Environnement avance, même s’il est difficile de résumer, en quelques phrases, l’ensemble des avancées. Si je devais retenir seulement quelques exemples concrets de réalisations par secteur, je citerais : la signature, en moins d’un an, de plus de 100 000 éco-prêts à taux zéro ; le lancement, dès cette année, de 50 nouveaux projets de transports collectifs dans 38 villes de France ; la hausse de 280 % en un an des demandes de raccordement au réseau photovoltaïque ; la multiplication des véhicules propres qui consomment moins d’essence… Bref, notre pays et les Français changent à toute vitesse.

L’intervention du président de la République au Salon de l’agriculture ne modifie-t-elle pas vos plans en ce qui concerne le durable dans le domaine agricole ?

Absolument pas ! Les agriculteurs français sont résolument engagés en faveur d’une alimentation de qualité. D’ailleurs, on assiste partout au développement massif de l’agriculture biologique et des circuits courts qui permettent aux consommateurs d’acheter leurs fruits et leurs légumes directement aux producteurs. Voilà des exemples d’engagements simples, concrets et quotidiens qui se font avec eux.

Selon vous, dans combien de mois ou d’années pourra-t-on constater, en France, une “croissance verte” ?

Mais nous la constatons déjà tous les jours : dans le secteur automobile avec le développement par tous les constructeurs français de véhicules propres, à des prix abordables ; dans nos territoires, avec la construction d’ici à 2011 d’au moins une centrale solaire par région ; dans le logement neuf, avec la mise en chantier de 20 000 maisons “basse consommation” en 2009, soit dix fois plus qu’en 2007 ! Et à chaque fois, cela crée de l’activité et de l’emploi local !

Dans quels secteurs la “croissance verte” peut-elle rapidement générer des emplois ?

J’évoquais tout à l’heure l’exemple de la rénovation thermique des bâtiments. Rien que la signature des 100 000 éco-prêts à taux zéro va permettre de réaliser près de 2 milliards d’euros de travaux chez les particuliers, et de mobiliser près de 45 000 emplois. Et ce n’est qu’un secteur de la croissance verte parmi beaucoup d’autres ! Vous voulez faire de la France un champion de la lutte contre le changement climatique.

Qu’est-ce que les Français peuvent faire au quotidien pour lutter contre le changement climatique ?

Grâce à l’éco-prêt à taux zéro, ils peuvent changer les fenêtres de leur maison pour réduire leur facture énergétique. Ils peuvent également profiter du bonus écologique pour acheter une voiture émettant peu de CO2 et consommant moins d’essence. Sans oublier, bien sûr, tous ces gestes du quotidien qui permettent de faire un geste pour la planète, comme acheter des produits de saison, baisser le chauffage en sortant ou prendre les transports collectifs.

Avez-vous adopté des mesures durables dans votre propre ministère ? Si oui, lesquelles sont les plus significatives ou les plus efficientes selon vous ?

Nous lançons, chaque année, de nouvelles mesures au niveau du ministère, dans tous les domaines du développement durable : audit énergétique, rénovation thermique des bâtiments, généralisation des ampoules dites à basse consommation, recours à des entreprises d’insertion, utilisation de papier recyclé, mise en place de formations sur l’éco-conduite… Nous avons, plus que les autres, le devoir de nous montrer absolument exemplaires.

A quoi ressemblera une ville 100 % durable ?

On peut déjà se faire une première idée en regardant les 160 projets d’éco-quartiers et les dix-neuf projets d’éco-cités du prix “Ville durable”, organisé dans le cadre du Grenelle Environnement. L’objectif consiste essentiellement à concilier beauté, efficacité énergétique et proximité. Cependant, la ville durable ne doit pas être une collection de quartiers réservés à quelques privilégiés, mais un projet urbain cohérent et partagé par tous.

Paradoxalement, un ministre qui envisage de durer ne doit-il pas dépenser une énergie considérable ?

Oui, mais lorsque l’on a la chance d’accomplir une mission aussi passionnante, croyez-moi, on n’en manque pas

à propos de la taxe carbone…

« La fiscalité écologique reste une grande idée, absolument indispensable pour accélérer la mutation écologique et économique de notre pays. Je reste convaincu de sa nécessité. Cependant, la contribution carbone a été l’otage de débats qui ont dépassé largement le champ de l’écologie et qui ont conduit à une profonde incompréhension. Je suis, à titre personnel, déçu par toutes ces controverses et ces malentendus. » JEAN-LOUIS BORLOO